La commune d’Anthisnes est riche d'une très longue histoire dont les plus anciennes traces archéologiques mises au jour nous ramènent au néolithique et surtout à la période romaine. Au gré des mariages, des guerres, des achats de terre, les différents villages de l'entité ont, tour à tour, été alliés ou terres de seigneurs différents jusqu'à la fusion des communes le 1er janvier 1977. Quasi entièrement propriétés ecclésiastiques, ils étaient gérés par des Avoués. Petite promenade historique.

Le Roi de France Louis II le Bègue offre le fief d'Antina au comte Ebroïn en 879. Le village d'Anthisnes connaît à partir de 946 sa véritable destinée de terre d'Eglise relevant de l'ordre de saint Benoît durant près de 850 ans (946 – 1794). En effet, à cette date, un héritier d'Ebroïn, le comte Eilbert de Ribémont en Thiérarche, seigneur de Florennes, et son épouse le cèdent à l'abbaye de Waulsort qu'ils viennent de fonder.

Les premiers "Avoués" ou "Hauts-Voués" sont les ducs de Limbourg ; cette charge héréditaire leur a été confiée par l'évêque de Metz dont dépendait Waulsort. Rien d'étonnant puisqu'ils possèdent d'autres terres en ces contrées, les fameuses seigneuries "d'au-delà des bois".

La notion d' « Avouerie » date de l'époque carolingienne. Dans un monde en état de guerre quasi permanent, l'Eglise et ses abbayes ont trois solutions pour défendre leurs biens : créer leur propre milice, se placer sous la protection d'un seigneur de haut rang ou composer avec le roi. Les moines choisissent une voie moyenne entre une difficile autonomie militaire et une soumission au roi, lui-même constamment menacé. L'Avouerie est donc une institution de protection d'un bien ecclésiastique (dont l'avoué n'est pas propriétaire), une institution judiciaire et de défense militaire.

En 1250, suite à la bataille de Woeringen, c'est le duc de Brabant, sorti vainqueur du conflit, qui prend possession du Duché de Limbourg. En 1292, il cède la « Haute Avouerie d'Anthisnes » à son fidèle chevalier Thomas-Corbeau de Villers qui prendra le nom de Thomas-Corbéal d'Antine.

Ses héritiers exercent leurs droits sur cette terre jusqu'en 1671. A la mort de sa dernière descendante, Marie d'Antine, en 1671, l'Avouerie passe à la famille des de Wal.

L'alleu (le hameau) de Vien a été donné à l'abbaye de Stavelot par Carloman, le grand-père de Charlemagne, le 6 juin 747. Après de nombreuses péripéties aux XIIème et XIIIème siècles, le hameau revient également à l’abbaye de Waulsort. Cette terre connaît encore bien des avatars et change plusieurs fois de seigneur.

En 1768, les fiefs d'Anthisnes et de Vien (avec ses dépendances de Viegeai, Les Floxhes, La Rock et le fief du Pouxhon à Anthisnes) quittent la Principauté de Liège pour celle de Stavelot-Malmedy. Ils sont échangés par le prince-évêque de Liège, Louis d'Oultremont, contre les seigneuries de Chooz, Sclessin et Ougrée.

Le dernier avoué d'Anthisnes est Joseph-Alexandre, baron de Wal, qui s'exile en 1792, chassé par la Révolution française. Par la Loi du 1 octobre 1795, les deux villages sont réunis et vivent désormais un destin commun.

Essentiellement agricole, l'ancienne commune d'Anthisnes connaît un essor économique important entre 1880 et 1920 grâce aux carrières de petit granit. A son apogée vers 1915, l'exploitation de la pierre compte plus de 1000 ouvriers pour 1810 habitants dans la commune.

Les premières traces de Hody avant le Moyen-âge sont très rares, hormis les vestiges d'une villa gallo-romaine et … une représentation de Bacchus, dieu romain de la vigne et du vin. On commence à trouver des traces du village au XIème siècle et une mention explicite en 1209. Il fait partie du Comté de Logne et relève du Quartier d'Ocquier, alors qu'Anthisnes et Vien relèvent du Quartier du Condroz.

Les avoués de Hody sont, dès 1444, les seigneurs du Sart, une des sept seigneuries "d'au-delà les bois". En 1645, l'histoire de Hody et celle d'Anthisnes se confondent déjà : la vouerie de Hody est exercée par Godefroid d'Antine, puis passe aux barons de Wal.

Curiosité de l'histoire, le Conseil municipal de Hody demande l'unification de sa commune à celle d'Anthisnes dès le 17 juin 1803. Leur vœu sera exaucé un peu moins de 174 ans plus tard …

On retient surtout qu'Hody est un village martyr suite au massacre perpétré par les SS de la division « Das Reich » durant la seconde guerre mondiale : quinze civils assassinés, six blessés, les maisons incendiées, la terreur du 6 septembre 1944.

Des traces de monnaies et de médailles laissent supposer une présence romaine à Villers-aux-Tours. Ce n'est qu'à la fin du XIIIème siècle que l'on en a les premières mentions. La seigneurie est, elle aussi, une des sept seigneuries "d'au-delà les bois", bien que séparée du reste du Duché de Limbourg par les Principautés de Liège et de Stavelot-Malmedy.

Le nom de la localité viendrait des trois tours : "Li tour dès Monts" sur le promontoire rocheux près du chemin d'Anthisnes, "Li tour des Lovreu" à l'entrée est du village vers la vallée et "Li tour del Gotale" sur le versant nord, non loin de la Fecher.

En 1350, le seigneur du lieu est Jean de Mons de Villers. Au gré des fins de lignée et des mariages, la seigneurie passe successivement aux de Villers bien sûr, aux Warnier et au baron Théodore de Botzeler. Ce dernier la vend au riche haut-voué Godefroid d'Antine qui la conserve deux ans avant de la revendre à la famille de Rahier, propriétaire du bien jusqu'à la Révolution française.

Tavier 1932

Le territoire de l'ancienne commune de Tavier est divisé, au Moyen-âge, en plusieurs seigneuries : La Chapelle, Tavier et Baugnée dépendent du Duché de Limbourg ; Xhos, Sart et Houchenée de la Principauté de Liège. Elles possèdent toutes leur administration et leur cour de justice.

L'existence d'un cimetière gallo-romain au Fostin démontre que l'histoire de Limont nous reporte au début de l'ère chrétienne. Il faudra attendre les premiers écrits sur la seigneurie de La Chapelle pour certifier l'existence du village. Elle est une des désormais célèbres seigneuries "d'au-delà les bois". L'alleu, connu depuis au moins 1245, est la plus importante des sept seigneuries et regroupe Limont, Hestreux, Petit et Grand Berleur.

La ferme de Limont

Quelques objets, - une hache de pierre du néolithique ou une hache de fer de l'époque mérovingienne -, témoignent de la présence ancestrale de l'homme. Le nom du village n'est toutefois évoqué que vers 814. Bien que seigneurie dépendant du Duché de Limbourg, aucun seigneur n'est évoqué avant Jean, sire de Villers-aux-Tours, en 1406. Hormis les passages de troupes de toutes origines (françaises, hollandaises, autrichiennes, allemandes, espagnoles, et même liégeoises), le seul fait d'arme vraiment connu est la spoliation de Tavier par les troupes du comte de Guytto en 1650.

Enfin, tout comme Xhos, Tavier paye la dîme à la collégiale Sainte-Croix à Liège jusqu'à la Révolution française, et l'église actuelle est construite en 1765, par le même chapitre, suite à une sentence du Conseil souverain dont dépendait Tavier en tant que possession du Duché de Limbourg.

Connue depuis le XIVème siècle, Baugnée est aussi une des sept seigneuries "d'au-delà des bois". Changeant souvent de propriétaire jusqu'au XVème siècle. Le bien passa ensuite à la famille Hauzeur jusqu'en 1828. A cette date, la ferme-château est rachetée par le baron Louis-Guillaume de Moffart. Elle fait toujours partie du patrimoine familial.

Sous l'ancien régime, Xhos fait partie de la Principauté de Liège et relève du Ban d'Ouffet. Lorsque vers l'an mille, Notger, prince-évêque de Liège, fonde la collégiale Sainte-Croix, il la dote de revenus divers dont ceux provenant de l'église d'Ellemelle et de quatre chapelles qui en dépendaient dont, vraisemblablement celle de Xhos. A la fin du XVIIIème, le village compte deux châteaux, celui de l'avoué dans le village et celui de l'abbaye le long de la route vers Ellemelle, trois moulins et vingt-cinq bâtiments.

La Haute Avouerie de Xhos dépend à l'origine du doyen de la collégiale Saint-Martin à Liège. En 1738, le prince-évêque Georges-Louis de Berghes détache Xhos d'Ouffet et en engage les droits seigneuriaux au comte Pierre de Méan à qui nous devons l'essentiel du château actuel.

Enfin, Houchenée est une des seigneuries de Tavier ayant appartenu à la Principauté de Liège. Mentionné dès le 1317, le bien fut pour moitié la propriété de l'abbé de l'église Saint-Jacques à Liège.

Le Château d'Houchenée en 1930